Championne de France 2ème Division

Championne de France de la Montagne 2ème Division en 2018 et 2019, Marie Cammares-Pereira connait à l’issue de la saison 2023 une nouvelle consécration, en coiffant une troisième couronne de Championne de France.

La saison 2018 de Marie Cammares-Pereira fut marquée par une belle réussite. Au volant de sa Formule Renault, elle accrochait en plus d’un premier titre de Championne de France de la Montagne 2ème Division, une place de Vice-championne en terminant deuxième du Championnat Sport derrière Jérémy Debels. Durant cette saison 2018, elle prenait également part au Challenge Open Formule Renault dans lequel elle se classait quatrième, et première féminine devant Mélodie Clausi et Magaly Giorgian.

En 2019, Marie remettait son titre de championne en jeu au volant de sa Formule Renault, ce qui lui permettait d’inscrire à son palmarès un second titre de Championne de France 2ème Division. En 2020 elle faisait le choix de revenir sur le Championnat de France, avant que la crise liée à la Covid soit à l’origine de l’annulation de la majorité des épreuves et n’incite Marie à renoncer.

A l’heure d’aborder la saison 2021, Marie Cammares-Pereira changeait de monture puisqu’une Tatuus Formula 4C venait remplacer sa Formule Renault. Mais au volant d’une monoplace qui connaissait des défauts de jeunesse, la Haute-Garonnaise connaitra un début de saison difficile : « Il m’a fallu passer par de nombreuses phases de réglages », se souvient-elle. « Mais j’ai pu malgré tout rouler sur des épreuves de la Ligue Occitanie-Méditerranée où, si mes souvenirs sont bons, je termine troisième. »

En 2022, Marie Cammares-Pereira décidait de repartir pour une campagne sur le Championnat 2ème Division, avec l’objectif d’accrocher un nouveau titre : « Mais dès les premières épreuves on se rendra compte que la voiture ne fonctionnait pas. A l’issue de la Course de Côte de La Pommeraye, nous avons dû prendre la décision de mettre un terme à la saison pour démonter le moteur et trouver enfin l’origine du problème. » Marie ne restait pas inactive pour autant et ressortait sa Renault Mégane du garage pour prendre part à quelques courses : « N’ayant pas pu prendre le départ à Quillan avec ma monoplace, j’ai finalement couru en double monte au volant d’une Clio engagée en F2000. Ensuite j’ai couru en Andorre, à Limonest et sur la Finale de la Coupe de France avec ma Mégane. L’avantage de cette saison c’est d’avoir pu essayer des voitures différentes. »

CFM et 2ème Division au programme
Pour la saison 2023, comme son conjoint Dimitri Pereira, Marie Cammares-Pereira partait sur un double programme comprenant un engagement en CFM et sur le Championnat 2ème Division : « Pour ce qui est du Championnat de France, je n’avais pas d’objectif particulier, sachant que nous étions encore en phase de développement de la Tatuus Formula 4C. Je voulais avant tout faire un maximum de roulage pour mettre au point la voiture », confie Marie. « Pour ce qui est de la 2ème Division, bien évidemment j’espérais conquérir un troisième titre de championne. »

C’est juste avant le Cévennes Race Track qui avait lieu au mois de décembre 2022 que Marie Cammares-Pereira récupérait le moteur de sa Tatuus : « Même s’il a plu durant le week-end, cela nous a permis de voir que le moteur semblait parfaitement fonctionner. Par la suite, nous avons travaillé sur la géométrie, puisque l’on devait rehausser la hauteur de caisse et ajouter 30 kilos. Là j’avoue que nous ne savions pas trop où on allait. »

Le début de saison de Marie Cammares-Pereira avait pour cadre la Course de Côte Régionale de Neffiès sur laquelle elle plaçait sa Tatuus à la deuxième place du groupe DE : « L’important était de s’assurer que tout fonctionnait. C’était le cas, donc il ne me restait qu’à bien cerner le maniement de la voiture avec un moteur qui fonctionne et les changements apportés pour répondre à la nouvelle réglementation. »

La campagne sur le championnat débutait pour Marie par une victoire dans la classe DE/4 sur la Course de Côte de Bagnols-Sabran où elle terminait deuxième féminine derrière Cindy Gudet : « Je débute sur une épreuve que je n’affectionne pas particulièrement parce que je la trouve très compliquée. Et on décèle qu’il y a un problème de tenue de route qui me fait perdre constamment l’arrière de la voiture. Dans ces conditions, ce ne fut pas une course très agréable pour moi. »

La voiture était alors confiée aux mains expertes de Nicolas Granier qui tentait de revoir la géométrie de la Tatuus et d’apporter des solutions aux problèmes rencontrés par Marie : « Par la suite, sur le Saint-Pierre, je suis partie en tête-à-queue et nous avons compris qu’il fallait trouver un autre axe de travail pour corriger le tir. En fait, il nous fallait éliminer au fur et à mesure les domaines qui peuvent générer un problème de tenue de route. » Le tête-à-queue aura pour effet de calmer les ardeurs de Marie durant son week-end cévenol, ce qui ne l’empêchait pas de signer un nouveau succès dans sa classe. « Ce n’était pas évident parce que mon papa était absent sur cette épreuve. Mais j’avais trouvé un assistant de luxe, puisque c’est Stéphane Garcia qui gérait mon assistance. J’en profite pour le remercier. »

Un nouveau problème fera son apparition sur les Teurses de Thèreval – Agneaux où cette fois c’est un soucis d’alimentation en essence, qui ne sera décelé qu’après l’épreuve normande, qui affectait le comportement de sa voiture : « Et je me suis payé un nouveau tête-à-queue, sur le dernier virage qui est très rapide, ce qui m’a bien calmé. Mais nous avons pu travailler sur les amortisseurs et prendre conscience que nous étions sur la bonne voie », confie Marie Cammares-Pereira qui a dû malgré tout batailler pour remporter sur cette épreuve la Coupe des Dames.

A La Pommeraye, Marie retrouvait une épreuve qu’elle avait déjà eu l’occasion d’affronter l’an dernier, sur terrain sec. Et les résultats seront au rendez-vous puisqu’elle améliorait ses chronos de la précédente édition : « C’est encourageant, d’autant que nous avions réglé les problèmes de réservoir qui m’avaient pénalisé à Hébécrevon. Et c’est plutôt très bien d’améliorer ses temps alors que la voiture affiche 30 kilos de plus que l’an dernier », analyse Marie qui signe en Anjou une nouvelle victoire de classe.

La campagne de l’Ouest se concluait pour elle par une nouvelle Coupe des Dames à Saint Gouëno où on retrouvait une nouvelle fois Marie en tête de la classe DE/4 : « Ça reste un super souvenir parce que je m’étais fixé des objectifs en termes de chronos, et je les ai assez largement dépassés. Donc je suis vraiment contente d’être parvenu à me rapprocher de certaines F3. »

Le week-end de Vuillafans sera nettement plus compliqué pour Marie qui ne parvenait même pas à réaliser les chronos qu’elle avait signé auparavant avec sa Formule Renault : « C’est un tracé que j’adore, sur lequel je parvenais à me battre avec Didier Chaumont lorsque j’évoluais en Formule Renault. Et là, même en attaquant, je n’arrivais à rien. Finalement ce sont les vidéastes de Pilotes TV à qui j’ai demandé comment étaient mes passages qui m’ont dit que ma voiture ne marchait pas. On a essayé divers réglages, mais ça n’a pas fonctionné, c’était frustrant. »

Les nombreux tests réalisés à l’issue de la Course de Côte de Vuillafans laissaient à penser que Marie et son préparateur avaient trouvé le problème qui affectait la Tatuus Formula 4C : « Mais finalement, arrivés à Dunières, on s’est rendu compte que ça ne fonctionnait pas. Nous avons travaillé sur la voiture jusqu’à minuit, et ensuite j’ai dû accepté de jeter l’éponge. Il m’était impossible d’être au départ sans prendre le risque de casser le moteur. »

Pour Marie Cammares-Pereira, le regret de n’avoir pu faire que deux montées cette année sur le Mont-Dore est d’autant plus grand que sur l’épreuve auvergnate sa monoplace fonctionnait parfaitement : « C’est encore plus frustrant. Nous avions retrouvé une vingtaine de chevaux, et il fallait que je m’habitue à ce regain de puissance. J’espérais vraiment pouvoir poursuivre ma progression et c’est réellement dommage que nous ayons été stoppés après seulement deux montées. »

La saison de Marie Cammares-Pereira sur le Championnat de France de la Montagne se concluait à Limonest, « où j’ai plus vu les talus que la route », lâche Marie dans un immense éclat de rire. « Le pire c’est que j’aime bien cette épreuve, mais apparemment il y avait un problème sur l’auto. J’ai été victime d’une mini-sortie de route où, je l’assume, c’est moi qui ai freiné trop tard. Mais ensuite, ça partait dans tous les sens et j’ai visité les talus. »

Podium scratch et Coupes des Dames
Pour ce qui est du Championnat de France 2ème Division, en plus de ses participations aux Teurses de Thèreval, à La Pommeraye et à Limonest, on retrouvait Marie Cammares-Pereira au départ de Quillan et d’Andorre. Dans l’Aude, elle remportait une victoire de classe en terminant septième du groupe DE : « Le week-end a mal commencé parce que j’ai cassé une pièce sur le train avant lors des essais. Je dois chaleureusement remercier Rémi Béchadergue qui est venu de Bergerac jusqu’à Quillan pour me fabriquer une nouvelle pièce afin que je puisse être au départ le dimanche. C’est vraiment exceptionnel et c’est grâce à Rémi que j’ai pu terminer cette épreuve sur laquelle par la suite tout a bien fonctionné. » Marie garde également un bon souvenir de sa prestation en Andorre où sa Tatuus Formula 4C ne connaissait pas le moindre problème et où elle accrochait une cinquième place de groupe et un succès dans la classe DE/4.

Le dernier week-end de juillet, Marie engageait sa Tatuus Formula 4C sur la Course de Côte de Tarbes-Osmets où elle allait rouler en double monte avec son conjoint Dimitri : « Je termine sixième au scratch et nous réalisons le doublé dans le groupe DE, Dimitri ayant terminé troisième au scratch, même s’il n’aime pas vraiment la monoplace. »

A Saint-Antonin-Noble-Val, au mois d’août, Marie retrouvait Rémi Béchadergue non pas en tant que sauveur providentiel mais en tant qu’adversaire. Et la Haute-Garonnaise terminait deuxième de son groupe derrière la Tatuus Formula Master de son ami et rival : « C’est un peu la course à la maison et j’ai pu me battre à coup de dixièmes avec Cédric Grosjean, et cela m’a motivé et m’a permis d’améliorer mon chrono de l’an dernier », confie Marie que l’on retrouve à la sixième place du scratch.

C’est une nouvelle fois au mois d’août, sur l’épreuve d’Argenton-Bouglon que Marie Cammares-Pereira signera son meilleur résultat de la saison en terminant troisième au scratch et en s’adjugeant une victoire dans le groupe DE : « C’est mon tout premier podium en régional, ça fait évidemment très plaisir. Mon papa était absent et j’étais seule avec Dimitri qui me faisait l’assistance. Et sur ce tracé atypique je me suis rapidement adaptée. Grâce aux conseils de Fabrice Gallo, je parviens à battre Cédric Grosjean qui m’avait devancé à Saint-Antonin. »

En fin de saison, Marie Cammares-Pereira décrochait son ticket pour la Finale de la Coupe de France de la Montagne, courue cette année à Steige, en Alsace. A l’issue d’un combat intense, elle était devancée de trois dixièmes par celle qui a fait de la Finale de la Coupe sa chasse gardée, Emeline Bréda : « Aux essais j’étais devant, mais je me méfiais également de Pauline (Berton) parce que je savais qu’elle allait revenir sur moi. Sur la dernière montée, elle repasse devant Emeline et moi, et il nous a fallu vraiment attaquer pour lui repasser devant », se souvient Marie. « Mais avant ça, sur la deuxième montée de course, je suis parti à la faute, et on se rend alors compte que j’ai un amortisseur qui a lâché, et je pense qu’il est en grande partie responsable de mes déboires à Limonest… Eddy Perez qui était sortie le matin, a démonté les amortisseurs de son Proto pour que je puisse prendre part à la dernière montée. C’était super sympa, mais ce n’était pas évident d’attaquer en ne sachant pas comment aller se comporter la voiture. Mais ils ont su faire du coaching psychologique pour me motiver. Au final, il me manque trois dixièmes pour être devant Emeline, mais le combat entre filles était tellement sympa que je n’ai aucun regret. C’est un super souvenir. »

Un troisième titre de Championne de France 2ème Division
Après avoir remporté deux titres de Championne de France de la Montagne 2ème Division en 2018 et 2019 avec sa Formule Renault, Marie Cammares-Pereira coiffe cette saison une troisième couronne. Elle signe également une victoire dans le Challenge Open DE/4… De quoi être comblée : « On ne pensait pas prendre autant de temps pour mettre au point la voiture, mais aujourd’hui on sait qu’elle fonctionne. C’est une super auto et finalement les résultats sont là et le bilan de cette saison est largement positif. »

Marie peut être fière de ce troisième titre qu’elle ne manque pas de partager avec les siens : « Je souhaite remercier tout d'abord mes parents, mon père, Titi, qui a su rester calme dans les moments compliqués et n'a jamais baissé les bras. Ma maman qui est d'un soutien précieux. Dimitri, avec qui je partage cette passion, que je félicite pour sa superbe saison, et qui a souvent '' mecaniqué'' par ma faute. Merci également à Lucas, Cédric, Antho, Clément et Pauline, Erwin et Élodie, Antho et Mathilde, Pierre Joly, mon frère et ma nièce, mes beaux-parents. Merci également à Jérôme et Christophe qui sont nos voisins de paddock, et d'un soutien sans faille, Stéphane pour son aide indéfinissable, Nico et Claire pour les nombreuses ''géo'', le soutien et les moments de partage et Rémi pour tout ce qu'il a fait. Je tiens également à remercier mes partenaires : Tecknic, Christophe, YACCO, Forch France, Gaylord Millet, THD Peinture et sols, NCR Méca, ARB Indus, Travaux Mini Pelle Espinosa, ASC Racing, Evelyne Coiffure, Horloge Méca Passion, Garage Fabre Eurorepa, Carrosserie JMPASSION, Sécuritest Boussens/Mane, Dechaix Occitanie, ITS Racing, France Peinture et MC Design. Un grand merci à l'Asa Corbières et la ligue Occitanie Méditerranée que nous sommes fiers de représenter. »

On devrait retrouver Marie Cammares-Pereira en 2024 derrière le volant de sa Tatuus Formula 4C. Côté programme elle devrait, comme Dimitri Pereira, prendre part à quelques épreuves du Sud de la France inscrites au Championnat 2ème Division, s’aligner sur des manches du CFM et tenter l’aventure à Falperra, Fito et sur les Rangiers : « Mais mon principal objectif sera de me qualifier pour la Finale de la Coupe de France pour aller chercher la Coupe des Dames. Il ne faudrait pas qu’Emeline pense qu’elle lui est réservée », plaisante Marie.

Mais si le programme de Marie Cammares-Pereira et de Dimitri Pereira n’est pas encore totalement défini, c’est également parce que le couple sait qu’il aura de nombreuses activités annexes durant l’année 2024 : « Nous avons décidé de relancer la Course de Côte de Revel qui doit se dérouler les 8 et 9 juin prochains. Nous intégrons le bureau de Revel Team Auto dans lequel Dimitri sera Vice-président et moi secrétaire. Nous savons que cela va nous prendre pas mal de temps et que nous devrons établir notre calendrier en fonction de cet événement. Nous espérons que les pilotes répondront en nombre pour participer à cette épreuve. »


Propos recueillis par Bruno Valette ©

 

Retrouvez toutes les infos, bilan et portrait de Marie Cammares-Pereira.

 


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