Deuxième du Challenge Open GT de Série

De retour à la compétition en 1994 après 15 ans d’absence, Philippe Marion a eu l’occasion ces dernières années de s’exprimer aux volants de voitures aussi différentes qu’une Seat Supercopa, une Norma 2 litres et une Porsche 997 GT2. Des changements de montures bénéfiques, qui lui ont permis de retrouver ses marques et de signer de belles performances, récompensées par une deuxième place au Challenge Open GT de Série.

C’est en 1990, alors qu’il accompagnait son ami le regretté Philippe Leclerc, que Philippe Marion découvrait à Turckheim la Course de Côte. Un environnement dès plus attrayant, dont il tombait sous le charme, ce qui l’incitait à faire l’acquisition d’une BMW 323 avec laquelle il prenait part à ses premières épreuves. Cinq ans plus tard, c’est au volant d’une M3, précédemment menée par Francis Dosières, qu’il poursuivait son implication sur la discipline. Mais en 1999, de nouvelles obligations professionnelles obligeaient Philippe Marion à mettre sa carrière sportive entre parenthèse. Une parenthèse qui durera 15 ans, avant qu’en 2014, le natif de lorraine ne retrouve le Championnat de France de la Montagne, qu’il abordait dans l’habitacle d’une Seat Léon Supercopa.

Plus qu’un retour, une renaissance, Philippe devait en effet retrouver l’essentiel de ses marques, et il abordait avant tout la compétition avec comme seul objectif de se faire plaisir. En 2015 et 2016, il engageait sa Seat Léon Supercopa sur le Championnat, et au fil des épreuves, faisait progresser ses chronos. En 2017, il louait sa Supercopa à son ami Francis Dosières, et privé de voiture, il décidait de faire quelques apparitions sporadiques au volant d’une Norma M20 FC du Team Schatz Compétition. Pas de plan de carrière sportive pour Philippe, qui ne fait que saisir les opportunités que le hasard peut lui offrir : « Mon retour à la compétition n’est pas lui le fruit du hasard, mais bien un souhait de ma part. Mais pour le reste, c’est une succession d’opportunités. En 2017, Francis (Dosières) voulait revenir en Groupe A, et je lui ai donc loué la Supercopa que je lui avais précédemment achetée. Il me paraissait logique de laisser le priorité à ’’Dodo’’ qui a encore de belles cartouches à tirer », plaisante Philippe.

Il ne se faisait toutefois pas prier, puisqu’en laissant sa voiture à Francis, il se voyait offrir l’occasion de rouler au volant de la Norma 2 litres du Team Schatz : « J’étais bien évidemment ravi, c’est une découverte qui est tout simplement géniale. Et puis le fait d’évoluer dans un team qui te prodigue des conseils avisés, permet de te structurer, et ça m’a permis de me mettre en confiance et de progresser. Ça m’a été très utile au moment d’aborder la saison avec la Porsche, et j’ai pu constater cette saison que j’étais en constante progression tout au long des week-ends de course. »

Après la Supercopa et la Norma, une Porsche 997 GT2
Pour 2018, Philippe Marion faisait l’acquisition d’une Léon Supercopa MK3, avec l’intention de revenir animer le Championnat Production. Mais une nouvelle fois, Francis Dosières tombait sous le charme de cette nouvelle Seat, et Phillipe acceptait de la lui louer : « Je me suis donc tourné vers Michel Courroye, qui a accepté de me louer la Porsche 997 GT2 avec laquelle Pierre s’était illustré en 2015. L’auto m’a rapidement plu, et je m’en suis immédiatement porté acquéreur. Finalement, tout ça n’est qu’une histoire entre copains qui s’entraident les uns les autres. »

La journée d’essais programmée sur le Circuit du Bourbonnais ne permettait pas réellement à Philippe Marion de se faire une idée de comportement de la Porsche, une surchauffe de la belle allemande l’obligeant à écourter sa séance.

C’est donc à Bagnols-Sabran qu’il découvrait sa nouvelle monture, avec comme objectif cette saison de venir jouer les premiers rôles en GT de Série : « J’avais l’auto pour ça, et j’estimais pouvoir prétendre à la première place. Mais quand j’ai vu que ’’Polo’’ (Reutter) venait grossir les rangs de la catégorie, j’ai évidemment revu mes ambitions à la baisse, en espérant accrocher la deuxième place. ’’Polo’’ ne joue pas sur la même planète que nous, donc il faut savoir se contenter de ce que l’on peut aller chercher », lâche Philippe dans un rire.

Malgré la pluie qui venait perturber la première manche du Championnat de France de la Montagne, Philippe Marion garde un excellent souvenir de la Course de Côte de Bagnols-Sabran, où il se classe deuxième du GT de Série : « J’ai pu prendre mes marques et me mettre en confiance avec la Porsche. Je termine deux centièmes devant Fred (Santarelli), et je suis content du résultat. »

Sur le Saint-Pierre, Philippe livrait un nouveau duel à la Porsche Cayman de Frédéric Santarelli, et parvenait à devancer son adversaire : « J’ai le souvenir que Maurice Dumas était également présent avec sa BMW 135 I, et c’était sympa d’échanger avec lui. Sur cinq kilomètres, avec l’addition des deux meilleurs montées de course, je ne devance Fred que de trois millièmes, c’était un combat particulièrement chaud et sympa. »

A partir d’Abreschviller, Philippe Marion estime avoir pris la mesure de sa Porsche 997 GT2, ce qui lui permettait de terminer une nouvelle fois deuxième du GT de Série derrière l’intouchable Paul Reutter, et quatorzième au scratch : « Sur les longues lignes droites de cette épreuve, la Porsche donne son plein rendement et c’est parfait pour moi. Là encore, ça m’a donné l’occasion d’acquérir un peu plus de confiance. »

Onzième au scratch, vainqueur en GT de Série, Philippe Marion repart de Thèreval en ayant marqué de gros points au Championnat : « Il n’y avait personne ! », analyse-t-il en toute honnêteté. « C’est un succès par défaut, mais ça fait toujours plaisir. »

Sur la Course de Côte de Marchampt, Philippe retrouvait un tracé qu’il avait eu l’occasion l’année précédente d’aborder avec la Norma : « Ça m’a facilité les choses, et c’était plutôt bien », confie le Francilien qui se classe deuxième du GT de Série.

A Vuillafans, Philippe Marion plaçait une nouvelle fois sa Porsche 997 GT2 au deuxième rang du GT de Série, à l’issue d’un nouveau combat face à Frédéric Santarelli : « C’est une épreuve que j’affectionne, mais il a fallu que je me crache dans les mains pour accrocher la deuxième place », se souvient-il. « C’est une de mes courses préférée, mais j’ai eu du mal à rentrer dans le rythme. »

Sur la Course de Côte de Dunières, malgré le déficit de puissance de sa Porsche Cayman, c’est cette fois Frédéric Santarelli qui se positionnait au deuxième rang, 20 millièmes devant Philippe : « J’ai compris trop tard qu’il fallait laisser rouler la voiture. Je l’ai compris grâce aux conseils de ’’Polo’’, mais uniquement sur la dernière montée, et c’était trop tard. Je ne peux dire que Bravo à Fred qui a très bien roulé. »

Le week-end au Mont-Dore allait offrir à Philippe Marion de nouveaux motifs de satisfaction : « Je suis descendu sous la barre des trois minutes, ce qui me satisfait pleinement. Et puis le Mont-Dore est un lieu particulier, l’organisateur étant le grand-père de ma fille, c’est un peu la course en famille. »

Au fil des épreuves, la confiance de Philippe Marion allait crescendo, et ses performances suivaient la même trajectoire. Cela se vérifiera sur la Course de Côte de Chamrousse où il était particulièrement à son affaire : « J’étais vraiment bien avec la voiture, et je suis assez content de ma prestation. C’était chaud par endroit, mais je me suis fait plaisir, sans aucune appréhension. »

Si Paul Reutter ne manquait pas de signer un nouveau succès à Turckheim, Stéphane Faivre parvenait à intercaler sa Caterham entre les deux Porsche, obligeant Philippe à se contenter de la troisième place : « C’est un vite, et il démontre qu’avec une auto offrant un bon rapport poids / puissance tu peux tirer ton épingle du jeu. De mon côté, je me suis trainé en début de week-end, et heureusement ’’Polo’’ m’a donné de bons conseils pour que je puisse me reprendre. J’étais cinquième, je suis revenu à la quatrième place, pour finalement terminer troisième. »

Philippe Marion concluait la saison de la plus belle des manières, en remportant le GT de Série sur la Course de Côte de Limonest : « Là encore je me suis trainé tout le week-end, avant de comprendre sur la dernière qu’il fallait que je laisse rouler. Ça me permet de gagner cinq secondes sur la dernière montée, et de m’imposer. »

11ème du Championnat, 2ème du GT de Série
Onzième du Championnat de France de la Montagne Production, deuxième du Challenge Open GT de Série, Philippe Marion est particulièrement enchanté d’une saison qui va lui permettre d’aborder la suivante en confiance : « Je dispose de tous les temps réalisés par Pierre (Courroye) avec cette Porsche 997 GT2. Ça me donne la référence, et je vais essayer dans l’avenir de m’approcher de ses chronos. Je suis encore loin, mais je progresse, ça me motive », avoue Philippe.

Philippe Marion a vécu une très belle saison, engrangeant de très bons souvenirs sur chaque épreuve : « Je ne me suis jamais senti aussi libéré. La voiture me correspond bien et je retrouve les sensations que j’avais il y a plus de 20 ans. Il m’a fallu un peu de temps pour revenir, c’était compliqué, mais je sens que je suis sur la bonne voie. »

La convivialité qui règne sur le Championnat et l’entraide dont il a pu bénéficier sont également des points qui ne peuvent que ravir le Francilien : « Avec Polo (Reutter) nous nous sommes vraiment bien entendus. Il n’a pas été avare de conseils tout au long de la saison, et à tout fait pour me booster sur quelques courses. Je me suis bien battu avec Fred (Santarelli) sur quelques épreuves, et c’était très sympa… Et puis les reconnaissances avec Pierre Courroye et Francis Dosières, c’est un truc génial, car tu prends conscience du niveau de pilotage de ses deux pilotes. Pierre est un hyper doué qui comprend instinctivement les tracés, et puis tu partages de très bons moments. »

Des moments qui se poursuivaient dans les paddocks, puisque Philippe Marion, Francis Dosières et Pierre Courroye faisaient équipe sous la même structure : « Ça a permis d’excellents échanges intergénérationnel, de grands moments de rigolade et de convivialité. J’ai vraiment été privilégié cette année, entre les conseils de Pierre et Michel Courroye, ceux de Francis, de ’’Polo’’, et ceux du Team Schatz qui n’a pas hésité à me donner quelques piqures de rappel quand le besoin s’en faisait sentir. »

Philippe n’oublie pas de remercier tous ceux qui ont contribué à ce que sa campagne de France se déroule de la meilleure des manières : « Un grand merci à l’équipe Dosières Auto Sport, à Francis toujours aussi passionné, à Jeannot qui l’est tout autant, à Serge mon mécanicien, à Pierre pour ses conseils avisés, à Michel pour ses stratégies toujours éclairées. »

L’expérience de cette saison 2018 ne peut qu’inciter Philippe Marion à rééditer l’année prochaine : « Les résultats et la mise en confiance m’ont donné de bonnes bases pour repartir. Je vais essayer de faire un maximum de courses, en fonction de mes obligations. Et pour le reste, la création du GT Sport avec l’intégration du GT4 me semble être une excellente idée pour 2019… Plus on est nombreux, mieux c’est ! »


Propos recueillis par Bruno Valette ©

 

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