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Même si elle a dû faire face à une succession de déconvenues causées par des problèmes de moteur. Morgane Ranchet a fait preuve d’une belle détermination durant cette saison 2026 à l’issue de laquelle elle remporte un premier titre de Championne de France de la Montagne VHC.
Durant les années 80 et 90, Bruno Ranchet et Martine Chouvier, les parents de Morgane, s’illustraient sur les rallyes régionaux au volant d’une Renault Dauphine Proto qui par la suite sera remplacée par une Alpine A110. A l’heure où Bruno Ranchet décidait de se tourner vers la course de côte, toujours au volant de l’Alpine A110, Martine qui jusqu’alors officiait en qualité de copilote, s’installait à son tour derrière le volant d’une Martini MK17. Née aux débuts des années 90, Morgane a donc eu tout le loisir durant son enfance de passer de nombreux week-ends sur les courses de côte auvergnates et des régions limitrophes.
En 2003, les parents de Morgane décidaient de mettre un terme à leurs carrières sportives, ce qui n’altérait en rien la passion que Morgane avait développée : « Les contraintes professionnelles de mes parents ne leur permettaient plus de disposer du temps nécessaire pour continuer à courir, mais ils conservaient évidemment un œil sur la compétition automobile », se souvient Morgane.
Une fois le permis de conduire en mains, Morgane Ranchet ne se privait pas de prendre part à des Track Days, accompagné par son compagnon Nicolas Defix : « On devait faire trois ou quatre sorties par an, histoire de faire rouler les voitures », sourit Morgane qui attendra la saison 2025 pour s’aligner sur sa toute première compétition : « C’était à Saint Gouëno, j’avais décidé de suivre Nico et de m’essayer à mon tour en course de côte. » Une première participation, au volant d’une March 77B, qui allait inciter la jeune auvergnate à poursuivre dans cette voie. Mais des soucis de moteur sur la March obligeront Morgane à opter pour la Martini MK25 que l’on avait pu voir aux mains de Nicolas Defix.
A l’issue de la saison 2025, Nicolas Defix coiffait une première couronne de Champion de France de la Montagne Sport. L’Auvergnat décidait de remettre son titre en jeu en 2026, et il apparaissait alors logique à Morgane de le suivre dans cette aventure et de s’engager elle-même sur le championnat. Compétitrice dans l’âme, Morgane avoue qu’elle avait comme objectif, avec Nicolas, de réaliser un doublé : « Remporter tous les deux un titre, lui de champion moi de championne de France c’était enthousiasmant. Je savais qu’il allait falloir se battre, ce qui n’était pas pour me déplaire. »
Morgane Ranchet décidait alors de relancer la March 77B qui est propulsée par un moteur 1600 cm3 et qui évolue dans le groupe 8/9 : « C’est une auto qui me convenait bien et je m’étais mis en tête de ne pas débuter avec un 2 litres plus complexe à tenir. J’estimais que l’apprentissage avec un moteur 2 litres pouvait être violent et je me sentais plus à mon aise avec un 1600. »
Rapide adaptation et progression
C’est donc sur la Course de Côte de Bagnols – que Morgane découvrait – qu’elle débutait sa saison : « J’ai bien aimé le tracé, même s’il est serré. En fait, j’aurais du mal à identifier un tracé préféré. Je m’adapte à toutes les configurations et je trouve ça intéressant de pouvoir rouler sur les parcours très différents. » Une course sans problème permettra à Morgane de se classer troisième du groupe 8/9. « Ce fut un excellent week-end, qui m’a permis de mieux comprendre la voiture et de me sentir à mon aise. »

Le Col Saint-Pierre reste une des épreuves les plus difficiles à mémoriser. Morgane se lançait cette année à la découverte du tracé cévenol : « J’avoue que j’avais plus d’appréhension parce que le haut du parcours est difficile à retenir. Finalement ça s’est bien passé. J’ai pas mal reconnu, pris de bons repères, de quoi être satisfaite de mon week-end. Et je découvrais le maniement de la voiture sous la pluie, ce qui ne m’a pas créé de souci particulier. Le seul petit problème venait du fait que je manquais de pneus. Mais malgré ce, je signe le troisième temps du VHC Sport sous la pluie, ce qui est une belle satisfaction. Vraiment je me suis bien amusée ! »
Le bel élan avec lequel Morgane Ranchet avait débuté sa campagne de France allait connaitre un coup d’arrêt à La Pommeraye. Sur l’épreuve angevine elle sera victime d’une casse moteur : « Je n’ai pas eu la moindre alerte. Durant la journée de samedi la voiture à super bien fonctionné, et dimanche matin lorsque je me suis relancée je me suis rendu compte que je n’avais pas d’embrayage, un souci similaire à celui que j’avais rencontré l’an dernier à Saint Gouëno. Mais ce souci peut provenir de tellement de choses que nous avons essayé de purger l’embrayage pour voir si ça allait mieux. J’ai pu prendre le départ mais le moteur n’a pas voulu aller au bout », se désole Morgane.
La succession d’épreuves durant la saison ne permettait pas à Morgane de procéder à un changement de moteur avant de mettre le cap au sud, direction Quillan. Nicolas Defix, son compagnon, qui avait débuté la saison avec sa Martini MK25 décidait alors de lui confier sa monoplace et d’opter pour sa part pour sa Martini MK43/45 : « Initialement on ne devait pas rouler à La Pommeraye parce que l’enchainement entre cette épreuve en Anjou, Quillan et la course Bretonne de Saint Gouëno nous paraissait difficile à assumer en plus du boulot. Mais quand tu as comme objectif de remporter le championnat, tu te dois d’être au départ d’un maximum d’épreuves. »
A Quillan, Morgane Ranchet alignait donc la Martini MK25 qui elle est propulsée non pas par un 1600 mais par un moteur 2 litres : « Finalement, contrairement à mes craintes, la Martini 2 litres est presque plus facile ''à rouler'' que la March 1600 », analyse Morgane. « Après on ne va pas se mentir ce n’est pas du tout pareil », lâche-t-elle dans un immense sourire. « L’an dernier, j’avais eu l’occasion de rouler avec la MK25, mais Nico avait volontairement limité le nombre de tours moteur afin de je me sentes plus confortable. Mais là, progressivement il a remis la puissance max. Et c’était top. »
Difficulté supplémentaire, Morgane devait s’adapter à sa nouvelle monture sur le long tracé de Quillan qu’elle découvrait : « Je pense que c’est l’épreuve la plus difficile à assimiler de la saison. J’avais plus de repères sur le Saint Pierre qu’à Quillan. Mais c’est un tracé magnifique », confie l’Auvergnate qui remporte le groupe 8/9 sur l’épreuve audoise.
A Saint Gouëno, Morgane Ranchet abordait un tracé sur lequel elle avait déjà eu l’occasion de s’exprimer et sur lequel elle remportait une nouvelle fois le groupe 8/9 en terminant troisième du VHC Sport : « Un week-end qui laisse d’excellents souvenirs. Même si c’est super loin, on se fait vraiment plaisir entre une course sympa, un accueil chaleureux et tous les à-côtés. Après je reconnais que sous la pluie, maîtriser le 2 litres de la Martini MK25 n’est pas la chose la plus facile que j’ai eu à faire. Mais c’est un bel apprentissage. J’avais l’impression de m’être trainée, mais à l’arrivée Nico m’a rassuré en me disant qu’il était dans la même situation. »
La Course de Côte de Marchampt en Beaujolais offrira l’occasion au couple auvergnat de réaliser un doublé. Nicolas Defix s’impose en VHC Sport en remportant le groupe DE, Morgane termine deuxième en accrochant le groupe 8/9 : « J’avais une petite appréhension sur les vitesses de pointe atteintes à Marchampt, mais finalement je me suis bien amusée. J’étais bien plus à mon aise que ce que je pensais au départ. On avait fait une boite de vitesses que je ne pensais pas exploiter au maximum de sa vitesse, mais il a fallu ''la rallonger'' parce que je la prenais largement avant le freinage. Ce fut un excellent entrainement. »

Une nouvelle fois Morgane Ranchet imposait sa Martini MK25 en tête du groupe 8/9 à Vuillafans en accrochant un nouveau podium en VHC Sport : « Nico a eu des problèmes mécaniques ce qui nous a obligé à courir un peu partout durant le week-end. Mais pour ma part tout s’est bien passé. Là encore j’ai bien aimé ce tracé, qui est rapide et sur lequel j’ai pu tirer profit des enseignements de Marchampt. »
Dunières est pour Morgane Ranchet et Nicolas Defix la course la plus proche de la maison, et l’Auvergnate reconnait avoir passé un super week-end : « Je me suis bagarrée jusqu’au bout avec Pierre-Alain (Bureau) que je pensais aller chercher, mais il reste devant. Mais c’est super motivant quand on a ce genre de bagarre, surtout face à un pilote qui, s’il a une auto moins puissante que la mienne, a un sacré coup de volant et une énorme expérience. »
Pour une Auvergnate, le Mont-Dore est un rendez-vous attendu. L’épreuve disputée dans le Massif du Sancy n’offrira pas à Morgane Ranchet les satisfactions espérées. Une nouvelle casse moteur mettra un terme prématuré à sa course en l’obligeant à enregistrer un abandon : « Je n’ai pas eu la moindre alerte et sur la première montée, alors que je n’attaquais pas sur une route froide, et donc que je ne sollicitais pas vraiment le moteur, j’ai compris quand j’ai entendu le bruit que je n’irais pas plus loin. »
Initialement, Nicolas Defix avait prévu pour la March de sa compagne un moteur 2 litres. Ce moteur étant disponible, il était monté dans la Martini MK25 afin que Morgane puisse poursuivre sa saison et se présente au départ de Turckheim : « La chance c’est que nous avions reçu ce moteur juste avant le Mont-Dore, en clair ça ne s’est pas joué à grand-chose. Nous avons donc passé le mois d’août à changer le moteur », explique-t-elle. Pour ce qui est de son week-end alsacien, Morgane en conserve d’excellents souvenirs : « Ce n’est pas loin d’être mon tracé préféré. Très long, très technique, mais vraiment j’ai pris un énorme plaisir. Après, j’avoue ne pas avoir pleinement exploiter la voiture parce que j’avais peur de reprendre un moteur dans la figure », sourit-elle. « Je n’étais pas sereine, on avait limité le nombre de tours, j’écoutais le moindre bruit. Mais quand j’ai vu que ça fonctionnait bien j’étais rassurée. Malgré tout il était difficile de rentrer pleinement dans la course, d’une part parce qu’à cause d’une casse de câble d’accélérateur je n’ai pas pu rejoindre l’arrivée de la première montée de course, et qu’à cause des nombreuses interruptions et du temps à attendre il m’était très difficile de rester concentrée. C’était stressant parce qu’il me fallait impérativement un chrono pour être classée », rappelle Morgane qui en Alsace remporte le groupe 8/9.
La saison et le titre de Championne de France de la Montagne VHC se jouait à Limonest, sur les terres de la tenante du titre Viviane Bonnardel. Pour Morgane la pression était palpable, « mais c’est une course que j’aime bien malgré le stress dû au fait que je savais qu’il me fallait impérativement arriver en haut. La voiture m’a donné quelques soucis du côté de la pompe à injection, mais finalement tout s’est bien déroulé », confie Morgane qui remporte une victoire de groupe et se classe troisième du VHC Sport.
Un premier titre de Championne de France VHC
C’est en 2014 qu’était créé le Championnat de France de la Montagne VHC. Depuis, le titre de Championne de France VHC n’a connu qu’une seule lauréate en la personne de Viviane Bonnardel qui compte à son palmarès onze couronnes. Lui succéder et devenir la seconde féminine à remporter ce titre ne pouvait être teinté que d’une immense émotion : « C’est une énorme satisfaction d’être arrivée au bout malgré le nombre de soucis mécaniques que j’ai pu rencontrer. Je dois beaucoup à Nico qui a accepté de me prêter la Martini MK25 sans quoi je n’en serais pas là aujourd’hui », estime Morgane. « Je suis très content d’avoir pu me battre avec Viviane, même si je regrette que nous n’ayons pas pu nous défier à armes égales puisqu’elle roule avec un 1600 cm3 et moi avec un 2 litres », reconnait humblement la pilote auvergnate qui a dû tout de même se battre avec une pilote qui durant une bonne partie de la saison a occupé la tête du Championnat VHC Sport. « J’espère que l’an prochain Viviane disposera d’un 2 litres pour que nous puissions poursuivre nos combats de manière plus équitable. »

A l’issue d’une saison qui lui permet de connaitre une première consécration, Morgane Ranchet se devait de remercier ses soutiens : « Un immense merci à Nico qui a fait beaucoup sur la March et qui suite à la casse moteur m’a très vite dit de terminer la saison avec la martini MK25. Un grand coup de chapeau à mon père qui a fait beaucoup pour le moteur de la March, mais malgré tous ses efforts nous avons dû nous rendre à l’évidence que ce moteur été à bout de course. Merci à mes parents (Martine Bruno), Denis, Annick, Richard et Christelle qui nous ont suivi tout au long de cette saison. C’est important car l’intendance nécessaire pour pouvoir aligner deux voitures sur tout le championnat c’est du boulot… Merci à tous les amis qui nous suivent de loin ou de près. Merci à tous les copains du VH avec qui nous avons partagé de supers moments, le course c’est aussi ça tous, les moments de convivialité et de partage. Merci à tous les anciens pilotes que nous avons eu la chance de rencontrer cette année et avec qui nous avons pu partager des moments magiques Guy Frequelin, Anne Baverey, Marc Sourd, Michel Pignard. Merci à tous les organisateurs, les speakers, les commissaires, tous les bénévoles sans qui rien de tout cela ne serait possible, c’est grâce à eux si nous pouvons rouler. Merci aux photographes et vidéastes qui nous permettent de garder des souvenirs de tous ces moments. Merci à tous ceux qui ont été présents à Limonest pour arroser ce premier titre, cette arrivée mouvementée restera gravée pour toujours dans ma mémoire. »
Cette saison nous aura permis notamment à Morgane de faire de belles rencontres : « Ce fut le cas sur le Mont-Dore où nous avons pu discuter avec Anne Baverey, à Limonest où nous avons côtoyé Michel Pignard et Marc Sourd. Au mois de juin, grâce à Jean-François Ganevat que nous remercions, nous avons rencontré Guy Fréquelin sur la Course de Côte de Lormes. Nous avons pu lui permettre de rouler avec la Martini MK25, qui est son ancienne voiture. C’était un moment très sympa et une rencontre avec un grand monsieur du sport auto. On sentait qu’il était heureux de retrouver sa voiture. »
En 2027, en toute logique Morgane Ranchet devrait remettre son titre en jeu, au volant de sa March 77B qui devrait bénéficier du moteur 2 litres : « Côté programme nous ne l’avons pas encore clairement défini, mais il est logique dans l’esprit de Nico et dans le mien de remettre nos titres en jeu. » Un objectif bien légitime pour un couple de compétiteurs hors pair.
©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com
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