Près de 400 courses au compteur

S’il compte parmi les pilotes les plus expérimentés du championnat, Didier Chaumont ne se repose pas pour autant sur les lauriers acquis au gré de ses près de 400 participations. Le viticulteur bourguignon a connu une nouvelle fois une saison largement positive en se lançant un nouveau défi au volant d’une Nova-Proto.

Presque quatre décennies de courses, près de quatre cents épreuves disputées à son compteur et cent-dix victoires acquises sur les nombreuses courses de côte auxquelles il a participé… Didier Chaumont est un des pilotes les plus expérimentés évoluant sur le Championnat de France de la Montagne. Durant sa longue carrière le viticulteur bourguignon a eu l’occasion d’exprimer ses talents de pilote aux volants de différents modèles : Simca Rallye II, ARC MF5 Proto, Ralt RT 32 F3, Dallara F3, et plusieurs Formule Renault avec lesquelles il se hissera à de nombreuses reprises sur le podium du Challenge Open DE/7.

Et si aujourd’hui Didier Chaumont court avant tout pour le plaisir, il fait toujours référence auprès des pilotes de la jeune génération à qui il ne manque pas de dispenser ses précieux conseils… Riche d’un palmarès conséquent, le quinquagénaire pourrait rester dans sa zone de confort et poursuivre son implication sur le championnat en enchainant les saisons au volant de sa Formule Renault. Mais si Didier ne prétend plus à présent à la victoire, il reste un compétiteur qui veut continuer à progresser et à se lancer de nouveaux défis.

Pour cette saison 2025, Didier prenait donc la décision de délaisser sa monoplace pour s’installer derrière le volant d’un Proto : « Après plus de dix ans à évoluer avec une Formule Renault il me semblait qu’il était temps de passer à autre chose. J’avais déjà eu l’occasion de rouler en proto, j’avais bien aimé l’expérience et j’ai donc décidé d’opter pour une Nova-Proto pour animer la classe CN/2. Et puis pour être totalement honnête, avec l’âge la corpulence évolue et j’avais de plus en plus de mal à me sentir à l’aise dans le cockpit de la Formule Renault. »

C’est auprès de son ami et préparateur de longue date, David Guillaumard, que Didier Chaumont trouvait sa nouvelle monture, une Nova-Proto, modèle récent puisque datant de 2022 : « C’est une magnifique auto que le Team de Stéphane Krafft a eu neuve et qu’il a lancé pour une saison de circuit. Ensuite David (Guillaumard) l’a racheté pour faire une saison de circuit, et il me l’a revendu. C’est vraiment une auto propre. »

La Nova-Proto sera pour Didier Chaumont un joli cadeau de Noël puisque c’est le 24 décembre 2024 que son ami David Guillaumard lui livrait sa nouvelle monture : « Comme sur chacune de mes voitures, c’est David qui s’occupe intégralement des révisions et des mises au point. Je lui fais confiance et je savais disposer d’une voiture prête pour débuter la saison. »

 

Avant de rejoindre Bagnols-sur-Cèze, où est traditionnellement donné le coup d’envoi de la saison, au mois de mars 2025 Didier Chaumont se rendait sur le circuit du Bourbonnais pour prendre en mains sa Nova-Proto : « J’avais déjà eu l’occasion de rouler avec ce type de Proto en 2019 en m’alignant à Eschdorf et à Osnabrück avec la Norma 2 Litres de Sébastien Petit, donc je savais à quoi m’attendre. Les premiers essais étaient plutôt positifs, je me suis senti bien au volant. Mais on sait que les essais sur circuit ne sont pas vraiment révélateurs et qu’ils ne présagent pas de ce que l’on va réellement ressentir par la suite sur les épreuves du championnat. »

Rester compétitif et être à l’arrivée
En intégrant une nouvelle classe, Didier Chaumont savait, même en ayant une immense expérience, qu’il allait devoir passer par un temps d’adaptation. Et s’il changeait de voiture, ses objectifs restaient les mêmes, « ramener la voiture et le bonhomme en entier le dimanche soir », rappelle le Bourguignon. « En termes de résultats je savais qu’il me serait difficile de rivaliser avec les jeunes qui animaient le Challenge Open CN/2. Tom Diebold et hors concours, il va vraiment plus vite que tout le monde, quant à Yohan (Bardin) et Jennifer (La Monica) ils vont également très vite et l’ont démontré cette année en signant de très bons chronos. Mon but était de ne pas être largué et de me faire une nouvelle fois plaisir au volant. »

C’est sur les pentes de la Course de Côte de Bagnols-Sabran que Didier Chaumont allait pour la première fois lancer sa Nova-Proto sur une course : « L’important pour moi était de faire attention, de ne pas commettre d’erreur et de bien comprendre comment fonctionnait la voiture », confie Didier qui avait encore du mal à cerner le gabarit de sa nouvelle monture : « Dans les virages à gauche ça allait à peu près, mais dans les droites j’avais tendance à être ou dans l’herbe ou à un mètre de la corde. Je ne dispose pas de la conduite centrale, sinon je serai contraint d’évoluer en E2-SC, et de ce fait en ayant une conduite à gauche, j’ai du mal à cerner le positionnement du côté droit de la voiture. C’est un souci avec lequel j’ai dû composer tout au long de la saison, certainement parce que ma position dans la voiture est trop basse. »

L’édition 2025 du Col Saint-Pierre sera largement perturbée par la pluie, mais Didier avoue avoir connu une journée de samedi enthousiasmante : « Sur le sec ça allait plutôt bien, et sur une épreuve que je connais sur le bout des doigts j’étais à mon affaire. » Mais dimanche le Bourguignon allait connaitre un souci inattendu : « Samedi soir, après les essais, on a fait monter le gamin de Yohan Rossel dans la Nova pour faire des photos. On s’en est pas rendu compte mais ce petit coquin a tiré sur le fil du volant et l’a débranché. » Dimanche, Didier sortait du parc sans problème et se rendait au départ, mais une fois lancé sur la montée, le volant refusait tout service : « Je me suis retrouvé bloqué en première, mais j’ai été arrêté au drapeau rouge. J’ai signalé ma panne au Directeur de Course qui m’a donné l’autorisation de me relancer. Je dois remercier Nicolas Petit, le beau-frère d’Antonin Saintmard, qui m’a trouvé la panne, ainsi que Jérémy Dojat et tous les jeunes qui m’ont permis de faire demi-tour. »

La pluie empêchait alors toute amélioration du chrono et sera même à l’origine de la neutralisation de la dernière montée : « C’était une sage décision car ça devenait dangereux. Après, si comme la réglementation le prévoit le classement final a été fait sur la seule montée du samedi, on peut regretter que ceux qui avaient fait le choix intentionnel de ne pas s’élancer dimanche matin soient malgré tout classés. A mon avis, ceux qui ont pris le risque de s’élancer dimanche matin méritaient de figurer au classement, pour les autres la question peut à mon sens se poser », analyse Didier.

En 2024, au volant de sa Formule Renault, Didier Chaumont remportait la classe DE/7 sur la Course de Côte d’Abreschviller. Cette année, avec sa Nova-Proto, le Bourguignon terminait dans le top cinq de sa classe : « J’ai bien aimé me confronter à cette épreuve avec un Proto CN/2, même si ça va vite sur le final. Mais j’ai abordé la course sans griller les étapes et à l’heure de faire les comptes je suis à ma place. »

Il était dit que Didier Chaumont ajouterait cette année une victoire de classe à son imposant palmarès. Un succès qui interviendra sur la Course de Côte Régionale d’Azé – Donzy-le-Pertuis : « C’est chez moi, à vingt bornes de la maison, donc il était logique dans mon esprit que je sois au départ… Sur la course, je me suis aperçu que ça allait très vite et ce n’était pas évident, mais j’ai la satisfaction de m’être battu avec mon ami Alexandre Bole qui malheureusement a connu des problèmes sur cette épreuve. »

La Course de Côte de Marchampt donnera l’occasion à Didier Chaumont de connaitre deux alertes qui allaient rapidement calmer ses ardeurs : « Sur les deux montées d’essais j’ai failli me mettre dehors. Sur la première montée, à très haute vitesse, dans la compression elle m’a échappé et j’ai ''bouffé l’herbe''. Et sur la deuxième montée je me fais également surprendre. Par la suite j’ai roulé à ma main sans prendre de risque parce qu’il était hors de question que j’endommage la voiture. »

« J’ai fait le gros dos », estime Didier Chaumont à l’évocation de sa participation à la Course de Côte de Vuillafans. « C’est une très belle épreuve, mais à mon sens la plus dangereuse de la saison et je n’ai pas voulu prendre de risque. Il est clair que je pourrais gagner des secondes partout, mais à quel prix ? Je n’ai pas envie de tenter le diable et finalement j’ai pris énormément de plaisir ce qui pour moi était l’essentiel. »

La météo de Dunières, avec des alternances d’averses et d’apparitions du soleil n’allait pas faciliter l’approche de l’épreuve auvergnate : « Mais j’aime bien cette course et finalement je suis content de ma prestation. Quand il pleut je monte uniquement pour faire plaisir aux spectateurs. Je termine cinquième, je suis à ma place, tout va bien. »

Tout n’ira pas pour le mieux en revanche sur le Mont-Dore où Didier reconnait être passé à côté de sa course : « C’était une catastrophe. Il fut un temps où je m’imposais sur le Mont-Dore, mais depuis quelques saisons j’ai du mal sur cette épreuve. Je ne m’explique pas pourquoi, mais je ne parviens pas à rentrer dans la course. Je ''ramasse'' énormément sur le haut du tracé, je termine au fond du classement de ma classe, à oublier. »

Pour le viticulteur Bourguignon, les vendanges restent la priorité, et cette année elles avaient lieu durant le week-end de Turckheim. Absent en Alsace, Didier sera de la partie à Limonest pour la dernière manche de la saison : « Avec la météo c’était la loterie et je n’ai pris aucun risque. C’était le dernier rendez-vous de la saison, il aurait été ridicule de casser la voiture alors que je n’avais rien à aller chercher. Ce fut donc une course sage. »

Une belle saison sans problème
Pour sa découverte de la Nova-Proto, Didier Chaumont aura connu une saison sans problème qui lui permet d’être à l’arrivée de toutes les épreuves : « C’était l’objectif, donc je suis pleinement satisfait. Pour le reste, j’avais déjà eu l’occasion, en 2019, de rouler en CN/2 avec la Norma du Team Petit, mais j’avoue que j’avais eu plus de faciliter à m’adapter il y a six ans. Cette année ce fut pour moi un peu compliqué. »

A l’issue de cette toute première saison au volant de sa Nova-Proto Didier Chaumont n’oublie pas de remercier ceux qui l’ont soutenu : « Comme chaque année je tiens à remercier David Guillaumard qui prend en charge l’entretien de ma voiture. Merci également à Christophe (Renoud-Grappin) dit ''Cassegrain'', à sa copine Marie et sa fille Louna, à Nicolas Petit, à ma compagne Sandrine qui gère l’administratif. Merci également à tous mes amis de la course de côte avec qui je passe de très bons moments sur les épreuves et en dehors. »

Le seul changement que va opérer Didier Chaumont durant l’intersaison c’est sa position dans la voiture : « On s’est rendu compte que j’étais trop bas ce qui ne me permet pas de visualiser correctement la route. David (Guillaumard) va m’arranger ça afin que je sois plus à mon aise. Sinon je repars en 2026 avec la même voiture et quasiment avec le même programme. Je vais essayer d’être au départ de Turckheim, mais ma participation reste dépendante de la date des vendanges », conclut le viticulteur Bourguignon.

 

©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com

 

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