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S’il court avant tout pour le plaisir, Nicolas Defix n’en reste pas moins un compétiteur qui, à l’issue de sa seconde saison sur le Championnat de France de la Montagne VHC, remporte un second titre dans la catégorie Sport.
Ce n’est pas le double Champion de France de la Montagne VHC Sport qui a motivé la nouvelle Championne de France de la catégorie, Morgane Ranchet, à animer les Courses de Côte mais bien l’inverse. C’est en effet en suivant les parents de sa compagne, Bruno Ranchet et Martini Chouvier, tous deux pilotes, que Nicolas Defix découvrait la discipline dans laquelle il allait s’illustrer.
C’est toutefois en qualité de copilote qu’âgé de 20 ans l’Auvergnat se confrontera à la compétition automobile. La suite ce sera un apprentissage du pilotage sur le circuit de Serre-Chevalier où, en compagnie de Morgane, il enchainait les tours au volant d’une Simca Rallye 2. Sa participation à quelques montées historiques et un séjour à l’hôpital pour soigner une pancréatite aigüe inciteront le Puydômois à donner une place prépondérante à sa passion. Nicolas se portait alors acquéreur d’une Martini MK25 et d’une Martini MK43/45 avant de prendre part à sa première course de côte, à Dunières, en 2024.
En 2025 Nicolas Defix décidait de s’engager sur le Championnat de France de la Montagne dédié aux Véhicules Historiques de Compétition, avec comme seule ambition de se faire plaisir aux volant. Les résultats ne se feront pas attendre, et en fin de saison c’est lui qui remportait le titre de Champion de France VHC Sport. Un titre que l’Auvergnat décidait de remettre en jeu en 2025 en engageant une Martini MK25.
Courir pour le plaisir
Carrossier de métier, Nicolas Defix compte dans son garage plusieurs monoplaces. On y trouve notamment une Martini MK25 et une Martini MK43/45 qui peuvent évoluer en historique, la March 77B avec laquelle Morgane Ranchet, sa compagne, est allée chercher cette saison un titre de Championne de France VHC, et une Martini MK69 qui peut évoluer en ''Moderne'' dans la classe DE/4.
A l’heure d’aborder cette nouvelle saison, Nicolas Defix portait son choix sur la Martini MK25 : « C’est l’auto avec laquelle j’avais le moins roulé et je voulais aller au bout de ce qu’elle pouvait faire », explique l’Auvergnat. « Lors de la saison 2025 j’avais eu l’occasion de faire des passages sympathiques avec cette voiture ce qui me motivait à faire l’ensemble de la saison à son volant. Les performances entre la MK25 et la MK43 sont similaires, c’est juste le feeling qui est différent. »
Pour s’assurer de pouvoir faire l’intégralité de la saison, Nicolas effectuait une révision moteur sur sa monoplace : « Et de ce fait j’avais un peu délaissé la MK43 qui logiquement devait rester au garage. Mais quand en seconde partie de saison j’ai dû m’installer à son volant, la voiture a laissé apparaitre une succession de problèmes. »
Même si la priorité de Nicolas Defix est de pleinement s’épanouir derrière le volant d’une monoplace, il ne dédaigne pas la quête d’un nouveau titre : « Nous sommes avant tout des compétiteurs, et nous nous investissons énormément dans les courses. De ce fait coiffer une couronne de champion reste particulièrement enthousiasmant. Il faut être honnête, si on s’engage au championnat c’est bien évidemment pour tenter de remporter le titre. »

C’est sur la Course de Côte de Bagnols-Sabran que Nicolas Defix débutait sa saison sur le Championnat de France de la Montagne VHC. Une entrée en matière qui sera couronnée d’un premier succès à l’issue d’un week-end qui ne fut pas simple : « Ça s’est pas trop mal passé, même si ce n’était pas évident de se remettre dans le bain en n’ayant pas touché le volant depuis six mois », confie l’Auvergnat. « J’avoue qu’une fois la saison terminée, je passe totalement à autre chose et je n’anticipe pas réellement la saison suivante. Mais je suis bien évidemment content de ce premier succès. »
Un succès qui se confirmera sur le Col Saint-Pierre où à nouveau Nicolas imposait sa Martini MK25 au sommet de la hiérarchie du classement VHC Sport : « Lors de la précédente édition j’avoue avoir eu du mal à mémoriser ce tracé si complexe. Cette année nous avons vraiment reconnu, et sur la partie du haut où il est très facile de se tromper dans les virages parce que beaucoup se ressemblent, j’ai pu me livrer en confiance. Le fait d’avoir bien bossé les caméras et d’avoir correctement reconnu est payant », confie Nicolas qui sur le tracé cévenol améliore son chrono de 2025 de près de cinquante secondes.
C’est à La Pommeraye que l’on retrouvait ensuite Nicolas Defix, un rendez-vous qui n’était initialement pas prévu à son calendrier. De ce fait le pilote auvergnat décidait de ne pas s’aligner en VHC mais d’engager sa Martini MK69 sur l’épreuve Moderne où il remporte la classe DE/4 : « Ce fut un week-end en enfer ! Je me suis cassé le ménisque le week-end précédent et il m’était très difficile de me tenir debout. Dès que je restais à la verticale, mon genou triplait de volume, et donc quand je n’étais pas derrière le volant, j’étais contraint de rester allongé. Ce fut très compliqué parce que j’essayais de débrayer le moins possible. »
A Quillan, où Nicolas Defix poursuivait sa saison, la douleur s’était estompée mais était toujours présente. Dans l’Aude, Nicolas devra faire face à un changement d’importance. Morgane ayant été victime d’une casse moteur à La Pommeraye, il lui cédait sa Martini MK25 et alignait pour la suite de sa saison sa Martini MK43/45. Un changement qui n’empêchera pas l’Auvergnat de remporter un nouveau succès en imposant sa monoplace en tête du VHC Sport : « C’est vraiment une magnifique course, elle ne sera pas au calendrier 2027 et j’estime que l’on enlève là une des plus belles épreuves. »
Sur la Course de Côte de Saint Gouëno, qu’il abordait avec s Martini MK43/45, Nicolas Defix viendra chercher une nouvelle victoire : « J’avais encore quelques douleurs au genou, mais ce n’était pas réellement pénalisant pour conduire », reconnait Nicolas. « Je n’étais évidemment pas à 100 % mais je ne peux pas dire que j’aurais significativement amélioré mes chronos sans ce problème. Ce que je retiens avant tout, c’est que comme à La Pommeraye nous avons été très bien accueillis. »
Le week-end à Marchampt débutait mal pour Nicolas Defix qui sur la première montée de course du samedi partait en tête-à-queue au ''Portail'' et lâchait une quinzaine de secondes. La suite de son week-end sera nettement plus accomplie : « En toute franchise, le tracé de Marchampt était certainement celui qui m’attirait le moins », confie Nicolas. « Mais cette participation cette année m’a fait changer d’avis, c’est une course finalement intéressante. Je rappelle toutefois qu’en 2025 je n’avais pu faire qu’une montée d’essais avant de casser la boîte et de devoir renoncer », se remémore l’Auvergnat qui cette année rajoute une victoire à son palmarès sur l’épreuve courue dans le Beaujolais : « En début d’épreuve Morgane était devant moi et on n’a pas arrêté de me le rappeler. Ça m’a motivé », sourit Nicolas.

La victoire allait lui échapper à Vuillafans où Eddy Antoine imposait sa Dallara F399 devant sa Martini MK43/45. Un week-end Franc-Comtois à oublier pour le pilote Auvergnat : « C’est là que l’on paie le fait d’avoir dû aligner une auto qui n’avait pas été révisée en début de saison. Nous avons rencontré plusieurs problèmes. Sur la deuxième montée j’ai eu un souci d’embrayage ce qui m’a obligé à démonter la boîte pour changer l’embrayage afin d’être au départ de la montée suivante. Mais il m’a manqué cette montée et ça me pénalise. »
Dunières c’est la course la plus proche du domicile de Nicolas Defix, et sur ses terres auvergnates il n’allait pas manquer de s’imposer : « J’ai juste eu un petit souci à la suite d’une légère touchette lors de la deuxième montée de course. J’ai heurté le rail et ça m’a plié deux jantes. Sur la montée suivante j’ai dû m’élancer dans une configuration peu conventionnelle, avec un vieux pneu à droite et un bon pneu à gauche, pas idéal pour être performant. »
Vainqueur à Dunières, Nicolas Defix le sera également sur la seconde course auvergnate, le Mont-Dore, où il connaitra une alerte : « Morgane a connu une casse de moteur sur la MK25, et celui de ma MK43/45 comptait déjà seize courses au compteur. Je savais qu’il me manquait un résultat pour m’assurer du titre, et que je devais donc impérativement me présenter au départ de Turckheim. De ce fait je n’ai pas pris part à la troisième montée sur le Mont-Dore pour économiser la mécanique et ne pas prendre le risque de casser à nouveau un moteur. »
En imposant sa Martini MK43/45 sur la Course de Côte de Turckheim Nicolas Defix remportait par la même occasion un second titre de Champion de France de la Montagne VHC Sport : « Malgré tout je suis déçu de mon week-end parce que je ne suis pas parvenu à faire une seule montée sans que ma boîte de vitesses ne se bloque. C’est frustrant et ça nous a obligé à faire de la mécanique sans trouver de solution. Difficile dans ces conditions de réaliser le chrono espéré. »
Assuré du titre, Nicolas Defix faisait le choix d’aligner à Limonest sa Martini MK69 et d’animer le plateau des ''Modernes'' : « J’avais vraiment envie de faire rouler cette voiture et je me suis fait plaisir », confie Nicolas qui signait une victoire dans la classe DE/4 : « Un succès dû en partie à l’abandon de Romain Pezot que je n’aurais pas pu aller chercher », reconnait-il humblement. « L’an dernier j’avais terminé deuxième au scratch à Cacharat avec cette voiture, j’avais ensuite terminé quatrième à Laussonne et cette année on a pu l’aligner à Lormes où nous avons fait rouler Guy Fréquelin. A Limonest j’étais vraiment content parce que c’est la première course sur laquelle j’ai beaucoup travaillé sur la voiture et que j’ai compris comment elle fonctionnait », confie Nicolas qui récemment positionnait sa Martini MK69 à la troisième place de la Course de Côte de Grézieu-le-Marché, « où s’il y avait eu une quatrième montée j’aurais certainement pu encore améliorer. »
La 100ème édition de la Course de Côte de Limonest offrira à Nicolas Defix l’occasion de faire la fête puisque sur cette manche de clôture du championnat, Morgane Ranchet, sa compagne, coiffait une première couronne de Championne de France de la Montagne. Une consécration qui permettra au couple de connaitre un moment fort en émotion.
Second titre consécutif de Champion de France VHC
A l’issue de cette saison 2026, Nicolas Defix remporte un second titre de Champion de France de la Montagne VHC Sport : « Comme l’an dernier, ce titre ne va pas bouleverser ma vie », estime Nicolas. « Mais il est clair que nous sommes des compétiteurs et que nous sommes là pour gagner. Donc remporter un titre fait toujours plaisir. Cette année il a une saveur particulière parce que dans le même temps Morgane remporte son premier titre de Championne de France VHC, c’est un doublé qui nous offre évidemment une belle satisfaction », ajoute Nicolas qui reconnait que cette saison ne fut facile : « Le plus compliqué durant cette campagne de France ce fut la gestion des deux voitures. Mais on sait pertinemment qu’une saison ne se déroule jamais comme tu le prévois au départ. »

Lorsque comme Nicolas Defix on court pour le plaisir, on court également pour les moments de partage, et à l’heure de tourner la page de cette saison 2026, l’Auvergnat veut remercier ses soutiens : « Un grand merci à Morgane qui a partagé cette saison avec moi. Merci à Bruno, le papa de Morgane, à Denis et Martine Piq. Un grand merci aux membres de l’Association ''VHC Le Club'' avec qui nous avons partagé des moments de convivialité qui laissent d’excellents souvenirs. Merci aux organisateurs, aux officiels, aux commissaires sans qui nous ne pourrions pas sortir les voitures du garage. Comme l’évoquait récemment Morgane, nous voulons remercier tous les anciens pilotes que nous avons eu la chance de rencontrer cette année et avec qui nous avons pu partager des moments magiques : Guy Frequelin, Anne Baverey, Marc Sourd, Michel Pignard… Merci enfin aux vidéastes, photographes, aux speakers et tous ceux qui durant la saison ont pu nous aider et qui ont parfaitement intégré que la légendaire solidarité des Montagnards n’est pas un vain mot. »
Rien n’est encore arrêté en ce qui concerne la saison 2027. Nicolas Defix ne sait pas s’il viendra défendre une troisième couronne : « Avec la suppression des épreuves de Lodève et Quillan au calendrier, je crains que le nombre d’animateurs du championnat se réduise. Si la concurrence n’est pas au rendez-vous, je ne suis pas sûr de m’engager sur le championnat. J’attends de voir de quoi sera fait le plateau. Pour le moment je suis en train de remonter une nouvelle Martini MK32, ex-Jimmy Mieusset, mais je ne sais absolument pas quel sera mon programme », conclut le double Champion de France VHC.
©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com
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